Le
mot appartient à la même racine que le verbe drej dont le sens premier
est s’avancer péniblement, progressivement, pas à pas, par étapes,
cheminer à pas mesurés, passer tranquillement.
Drej
triqo, il s’en est allé faire un tour. Drej ! File d’ici ! Ouach
maderjetchi qoddamek Yasmine ? Tu n’as pas vu Yasmine passer devant toi ?
Makatekhrej ou makatedrej ! Elle ne sort jamais de chez elle ! Drej
veut dire aussi marcher harmonieusement, avec coquetterie et même en se
dandinant comme un pigeon ; danser en se trémoussant sur place ; marcher
à pas menus mais vite, c’est à dire, pour une bête de somme, bien
marcher ; ou encore tournoyer sur soi-même comme une toupie, tournailler
partout quand on est turbulent, ou, plus paisiblement, aller faire un
petit tour pour se dégourdir les jambes.
A la forme composée, derrej, c’est faire avancer progressivement, un à un, ou en faisant rouler sur le sol, pousser un élève ou un pion au jeu de dames, faire défiler un par un, distribuer, faire circuler (du thé ou des gâteaux) de proche en proche. A Marrakech, moins paisiblement, le siyyaf derrej lflan raso, le bourreau a fait rouler la tête du condamné sur le sol, la lui a tranchée. C’est aussi ranger bien en ordre, en disposant les objets côte à côte. Derrej, c’est encore débiter rapidement un texte. Derrej loraq, c’est feuilleter les pages d’un livre. Derrej, c’est compter soigneusement les billets d’une liasse. Derrej le7sab, c’est refaire le compte pour vérifier le total. Quitte à se plaindre : derrejni fel7sab f3achra derryal, il m’a roulé de dix ryals en comptant ! Plus récemment, quand on dit " derrej a khouya ! ", c’est inviter son interlocuteur à être clair, ou même à parler en darija.
En architecture, derj désigne une moulure saillante qui donne en coupe un angle droit. Draj menchar, ce sont les zigzag. Derj ou ktef, c’est un entrelacs d’angles droits et de quarts de cercle. En musique, derj est la cinquième phase rythmique d’une nouba à quatre temps. Et derj delklam, c’est une cheville dans le discours, un élément qui n’est pas nécessaire mais qui revient souvent, sur lequel on prend appui.
Derja, c’est l’encoche mais surtout une marche d’escalier ou un barreau d’échelle grâce auquel on s’élève derja bderja, progressivement, ou bettedrij, graduellement. Droj, ce sont les escaliers, ou une série d’encoches disposées verticalement. Derja, c’est aussi une courte promenade ou encore l’allure harmonieuse d’une monture au pas.
Daraja, c’est le rang, la dignité qu’on obtient auprès d’un haut personnage, ou qu’un saint obtient auprès de Dieu. Drek daraja 3alya, il a obtenu des fonctions élevées. Llah i3alli darajtek ! Que Dieu élève ton rang ! L-akher daraja veut dire au dernier degré.
Derraja était à Marrakech une toute petite écuelle de terre cuite dans laquelle tourne l’extrémité de l’axe du fuseau. Les femmes l’utilisaient en récupérant les petites coupelles de fard rouge.
Les données ci-dessus sont tirées du Dictionnaire Colin d’Arabe Dialectal Marocain, sous la direction de Zakia Iraqui Sinaceur, ed. Al Manahil, 1993.
A la forme composée, derrej, c’est faire avancer progressivement, un à un, ou en faisant rouler sur le sol, pousser un élève ou un pion au jeu de dames, faire défiler un par un, distribuer, faire circuler (du thé ou des gâteaux) de proche en proche. A Marrakech, moins paisiblement, le siyyaf derrej lflan raso, le bourreau a fait rouler la tête du condamné sur le sol, la lui a tranchée. C’est aussi ranger bien en ordre, en disposant les objets côte à côte. Derrej, c’est encore débiter rapidement un texte. Derrej loraq, c’est feuilleter les pages d’un livre. Derrej, c’est compter soigneusement les billets d’une liasse. Derrej le7sab, c’est refaire le compte pour vérifier le total. Quitte à se plaindre : derrejni fel7sab f3achra derryal, il m’a roulé de dix ryals en comptant ! Plus récemment, quand on dit " derrej a khouya ! ", c’est inviter son interlocuteur à être clair, ou même à parler en darija.
En architecture, derj désigne une moulure saillante qui donne en coupe un angle droit. Draj menchar, ce sont les zigzag. Derj ou ktef, c’est un entrelacs d’angles droits et de quarts de cercle. En musique, derj est la cinquième phase rythmique d’une nouba à quatre temps. Et derj delklam, c’est une cheville dans le discours, un élément qui n’est pas nécessaire mais qui revient souvent, sur lequel on prend appui.
Derja, c’est l’encoche mais surtout une marche d’escalier ou un barreau d’échelle grâce auquel on s’élève derja bderja, progressivement, ou bettedrij, graduellement. Droj, ce sont les escaliers, ou une série d’encoches disposées verticalement. Derja, c’est aussi une courte promenade ou encore l’allure harmonieuse d’une monture au pas.
Daraja, c’est le rang, la dignité qu’on obtient auprès d’un haut personnage, ou qu’un saint obtient auprès de Dieu. Drek daraja 3alya, il a obtenu des fonctions élevées. Llah i3alli darajtek ! Que Dieu élève ton rang ! L-akher daraja veut dire au dernier degré.
Derraja était à Marrakech une toute petite écuelle de terre cuite dans laquelle tourne l’extrémité de l’axe du fuseau. Les femmes l’utilisaient en récupérant les petites coupelles de fard rouge.
Les données ci-dessus sont tirées du Dictionnaire Colin d’Arabe Dialectal Marocain, sous la direction de Zakia Iraqui Sinaceur, ed. Al Manahil, 1993.
Source : lejournal-hebdo.com